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Le
Développement Local vise le mieux-être de la collectivité
en misant sur le dynamisme et les initiatives de son capital humain.
Pour
soutenir cette action, L'A.L.D.L. compte
sur l'expertise et le dévouement d'une solide équipe de
bénévoles désireux de contribuer au développement
de leur milieu, des personnes qui ne comptent pas leur temps quand il
est question de leur collectivité et de la santé économique
et sociale de leur région.
Lieu
d'échange, de réflexion et d'expression, force de proposition
et moteur pour l'action, l'A.L.D.L. intervient
également afin d'encourager l'émergence d'une fierté
locale et d'un sentiment d'appartenance.
Municipales
Ghanem reçoit
une délégation de l’ALDL
Une
délégation de l’Association libanaise pour le développement
local (ALDL) s’est entretenue avec le président de la commission
parlementaire de l’Administration et de la Justice, Robert Ghanem,
au sujet de la nécessité d’octroyer aux femmes mariées
le droit de se porter candidates aux élections municipales dans
leurs localités d’origine. La réunion, à
laquelle a participé le député Abdallah Farhat,
qui présentera incessamment une proposition de loi en ce sens,
s’est tenue en présence de la présidente de l’ALDL,
Marie-Claude Hélou Saadé, du vice-président de
l’association, le général Amine Nassereddine, et
de la responsable des relations extérieures, Nicole Daccache.
M.
Ghanem devait déclarer à l’issue de la réunion
qu’il appuyait pleinement cette revendication et qu’il allait
déployer tous les efforts nécessaires afin de trouver
une issue heureuse à la question conformément à
la procédure légale et dans les délais d’usage.
« Il est nécessaire, devait-il souligner, de faire participer
les femmes au développement des localités dans lesquelles
elles ont grandi ou dont elles sont originaires. Grâce à
leur style de travail et les points de vue qu’elles peuvent exprimer,
les femmes désireuses de servir leurs villages d’origine
constituent une valeur ajoutée aux travaux du conseil municipal
et à leurs résultats».
Conférence
de presse de l'ALDL
L’Association libanaise pour le
développement local (ALDL) a tenu une conférence de presse
portant sur la nécessité d’octroyer aux femmes mariées
le droit de se présenter aux élections municipales dans
leurs localités d’origine.
Prenant la parole, Marie-Claude Hélou Saadé devait préciser
que l’initiative de l’ALDL avait été lancée
en raison des nombreuses requêtes parvenues à l’association
de la part de femmes mariées souhaitant vivement participer aux
activités du conseil municipal de leurs localités d’origine,
mais qui en sont empêchées par les textes en vigueur. «Pourquoi
devrait-on dénier à ces femmes, dont les racines demeurent
profondément ancrées dans leurs villages d’origine,
des racines que ni le temps ni les liens du mariage ne peuvent altérer,
le droit de collaborer au développement économique et
social des localités auxquelles elles sont viscéralement
attachées ?» s’est interrogée la présidente
de l’ALDL.
Un droit d’autant plus justifié, selon l’argumentaire
de l’association, que, d’une part, le candidat à
l’élection parlementaire est autorisé à se
présenter dans la circonscription de son choix et, d’autre
part, l’élection municipale est régie par les dispositions
de la loi électorale à l’exception de celles d’entre
elles qui lui contreviendraient. Un double constat qui, selon la présidente
de l’ALDL, «pave la voie, non point à une similitude
de traitement en raison de la nature différente de la mission
parlementaire, mais à un nécessaire assouplissement de
la législation des municipalités en faveur des femmes
mariées souhaitant se présenter aux élections municipales
dans leurs contrées d’origine ».
Le député Abdallah Farhat, qui a approuvé le bien-fondé
de cette revendication et adopté la cause défendue par
l’association, a présenté au cours de la conférence
un projet d’amendement en ce sens de la loi sur les municipalités.
Revenant aux motivations de la loi, M. Farhat devait déclarer
qu’il « n’a jamais été dans l’intention
du législateur de priver les femmes mariées de ce droit
légitime qui n’est autre que l’application du principe
d’égalité consacré par la Constitution. Le
transfert de la femme sur le registre de son mari, par l’effet
du mariage, ne lui ôte en aucune façon son droit d’appartenance
à sa localité d’origine. L’amendement que
nous proposons est un amendement mineur qui n’entache en rien
l’esprit de la loi ».

"
Lorsqu'au Moyen Âge, les moines s'installaient pour mettre en
valeur un espace, ils produisaient du développement.
Le Développement Local, il y en a toujours eu. Simplement,
c'est notre regard qui a changé ".
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Municipalités
Les
chemins tortueux de l'archaïsme...
par Marie-Claude Hélou
Saadé
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Comment
expliquer que la proposition de loi relative au jugement
des présidents et des ministres accordant à
ces derniers une immunité leur permettant d'échapper
à la condamnation pénale pour des crimes comme
les détournements de fonds, la corruption, le trafic
d'influence et la fraude ait été approuvée
par la commission parlementaire de l'Administration et de
la Justice, et qu'une proposition de loi accordant aux femmes
mariées le droit de se porter candidates aux élections
municipales dans leurs localités d'origine ait tant
peiné à se frayer un chemin auprès
de certains de nos élus ?
En
dépit de certaines réserves exprimées
au sein de la commission de la Défense et des Municipalités,
la proposition
de loi du député Abdallah Farhat
a été dans l'ensemble favorablement accueillie.
Malheureusement,
la commission législative du ministère de
la Justice, invitée à se prononcer sur la
question en Conseil des ministres, a invoqué le prétexte
que « la fusion de la femme dans l'environnement
de son mari figure parmi les buts du mariage ; en conséquence,
elle est tenue de se présenter au conseil municipal
de la localité de son mari dans le registre duquel
elle a été transférée ».
Une affirmation ubuesque, réductrice du rôle
de la femme, sans grand fondement légal, dépourvue
d'argumentation juridique, aisément contestable au
regard du principe d'égalité consacré
par la Constitution. Somme toute, un fâcheux amalgame
entre le «profane» des bulletins et
le «sacré» du mariage que même
le plus sévère des tribunaux ecclésiastiques
aurait hésité à homologuer.
Une
conclusion d'autant plus déconcertante dans un pays
où le statut du mariage relève des instances
religieuses des différentes communautés et non
des autorités civiles, et où la polygamie est
une pratique officiellement admise mettant à rude épreuve
la relation «fusionnelle» prônée
par la commission. On pourrait aussi se demander pourquoi
cette relation « fusionnelle » n'est
pas exigée dans le cas des femmes candidates aux élections
parlementaires, autorisées à se présenter
dans la circonscription de leur choix ? Les candidates au
Parlement seraient-elle moins tenues au devoir de «
fusion » dans le mariage et plus tolérées
à s'émanciper que les candidates au conseil
municipal ? Pareil raisonnement devrait conduire logiquement
à exiger des candidates aux élections parlementaires
de ne pouvoir se présenter que dans la circonscription
de leurs maris ! « Fusion » oblige !
Il
est triste de constater que nous avons affaire à une
classe politique en décalage avec son époque,
figée dans ses archaïsmes, amarrée à
un système obsolète, déconnectée
du terrain, plus dirigée que dirigeante et pour laquelle
la réflexion sur les problèmes de société
est loin d'être une préoccupation dominante.
Tout processus de réforme au Liban se heurte de plein
fouet aux intérêts particuliers au détriment,
bien évidemment, de l'intérêt général.
Dès lors qu'une réforme pointe à l'horizon,
il y a plus de murs qui s'élèvent pour la contrecarrer
que de bras pour la porter. Il aura suffi d'un nombre infime
de présidents de municipalité, en mal de popularité,
s'inquiétant de l'impact d'une pareille réforme
sur leurs visées électorales, pour que les mécanismes
de protection des privilèges, bien connus dans les
abysses parlementaires, se mettent rapidement en place.
Mais
le plus surprenant dans cette affaire reste que le ministre
de l'Intérieur, M. Ziyad Baroud, pourtant principal
concerné dans la question des municipalités,
ne se soit pas donné la peine, contrairement à
ses collègues du gouvernement, de recevoir l'association
pourtant porteuse d'une proposition de loi présentée
par un député, et ce malgré les demandes
écrites et verbales qui lui ont été adressées
dès le 28 janvier 2009. N'est-il pas étonnant
qu'une personne pourtant issue de la société
civile puisse ignorer des revendications aussi fondamentales
que l'implication des femmes dans le développement
de leurs localités ?
Il
reste que la consultation
juridique du ministre de l'Intérieur,
datée du 11 février 2009, signée de la
main de M. Baroud et remise à la présidence
du Conseil et au Parlement, élude soigneusement la
question posée et répond à la proposition
d'amendement de la loi des municipalités présentée
par le député Farhat en invoquant les dispositions
de... la loi en vigueur ! « Il résulte de
ce qui précède (les articles 24 de la loi du
8.10.2009 et 25 de la loi du 29.12.1997), écrit
M. Baroud dans sa consultation, que seules les inscriptions
portées sur les listes électorales dans une
localité donnée donnent lieu à un droit
de vote ou de candidature aux postes de moukhtar ou de membre
du conseil municipal, que la femme mariée soit encore
inscrite sur le registre de ses parents ou qu'elle ait été
transférée sur le registre de son mari.
»
Pour
quelle raison M. Baroud, sollicité pour un avis du
ministère sur une proposition de loi, a-t-il utilisé
cet artifice et éludé la question posée
? Il n'a pourtant pas été consulté pour
donner un avis sur la légalité d'un bulletin
de vote ou celle d'une candidature afin que la loi en vigueur
soit invoquée, mais bien pour donner un avis sur une
proposition d'amendement de la loi en vigueur. Étant
entendu que la proposition de loi du député
Farhat portait uniquement sur le droit de candidature de la
femme mariée et nullement sur son droit de vote ou
un transfert d'inscriptions sur les registres.
En
conséquence, et étant donné que subsistent
également d'autres zones d'ombre au niveau du ministère
de l'Intérieur qu'il serait trop long de soulever dans
le cadre de cet article, l'ALDL sollicite du président
de la République, Michel Sleiman, l'ouverture d'une
enquête afin que soient élucidées les
raisons qui sous-tendent le traitement sibyllin de ce dossier
et que les responsabilités soient clairement établies.
Toujours
est-il qu'en cette matière, la décision du Conseil
des ministres n'a qu'une valeur consultative, non contraignante
pour le Parlement. Elle n'entame donc en rien notre détermination.
Notre bataille pour le droit ne fait que commencer. Retarder
une réforme légitime ne fait que la renforcer
dans la mémoire collective des peuples en la rendant,
tout comme la rose du Petit prince, encore plus précieuse
.
Marie-Claude
HÉLOU SAADÉ
Docteur d'État en droit
de l'Université de Paris I
Présidente de l'Association libanaise
pour le développement local (ALDL)
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Article publié dans
l'Orient le Jour du 3 avril 2009 |
Version arabe publiée
dans le journal Annahar du 9 avril 2009 |
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