Aucun régime d’austérité ne devrait se faire au détriment de la santé des malades. Mieux vaudrait dégraisser l’administration et mettre fin aux dépenses pharaoniques de l’État et aux rentes viagères non justifiées et laisser nos malades se soigner !

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L'ALDL à la rescousse des patients les plus démunis
Le calvaire des malades atteints de cancer, obligés de quémander leur droit à se faire soigner
L’Association libanaise pour le développement local (ALDL), en collaboration avec l’Ordre des médecins et la Société libanaise d’oncologie médicale, a tenu une conférence de presse au siège de l’Ordre des médecins de Beyrouth portant sur le problème de la distribution par le ministère de la Santé publique de médicaments gratuits destinés aux personnes ayant développé des tumeurs cancéreuses. L’événement s’est tenu en présence du président de l’Ordre des médecins, le Dr Georges Aftimos, du président de la Société libanaise d’oncologie médicale, le Dr Joseph Kattan, de la présidente de l’Association libanaise pour le développement local, Marie-Claude Hélou Saadé, du vice-président de l’association, le général Amine Nassereddine, et des membres du conseil d’administration de l’ALDL, Nicole Daccache et Sabah Fournier.

Marie-Claude Hélou Saadé devait, au cours de son allocution, placer le problème de la distribution des médicaments gratuits à un double niveau : administratif et financier. « Du point de vue financier, a-t-elle relevé, les sommes allouées ne suffisant pas à couvrir de manière permanente et continue l’ardoise du ministère de la Santé, les malades atteints de tumeurs cancéreuses sont parfois obligés d’interrompre leur traitement pour une période indéterminée avec les graves conséquences médicales et psychologiques d’une pareille interruption. Les plus chanceux d’entre eux peuvent éventuellement bénéficier de la filière d’autorisation d’achat proposée par le ministère de la Santé, qui n’est autre qu’une caisse spéciale plafonnée au sein du ministère, et opérationnelle uniquement si le médicament est disponible sur le marché. Pourtant, le calvaire des malades ne se termine pas une fois le médicament à nouveau fourni par le ministère car tous ceux qui en ont été privés se retrouvent informés en même temps de sa disponibilité soudaine et se précipitent alors parfois dès 4 heures du matin au dépôt de la Quarantaine pour le récupérer. De longues files de malades (400 à 1 200 personnes) dans un état plus que précaire se forment alors aux portes de ce dépôt pour attendre, des heures durant, leur tour de livraison et leur droit à se soigner. »

Des réformes urgentes
Sur le plan administratif, poursuit la présidente de l’association, plusieurs réformes urgentes devraient être entreprises : « assurer une gestion plus professionnelle des stocks de médicaments au moyen d’une meilleure maîtrise des commandes et d’un système d’alerte précoce destiné à prévenir tous les intéressés en temps utile de l’épuisement prochain d’un stock donné ; la nécessité pour les médecins de se conformer aux listes de médicaments officiellement proposées par le ministère de la Santé (elles sont publiées sur le site du ministère et mises à jour périodiquement) et agréées par des organismes internationaux comme la FDA et le EMEA, coupant ainsi la voie aux interventions politiciennes ; l’informatisation des dossiers des malades permettant non seulement d’organiser et d’accélérer le travail, mais aussi d’éviter les négligences et abus de toutes sortes ; et enfin la transparence totale au niveau des différentes étapes administratives du processus ».

Marie-Claude Hélou Saadé devait inviter le gouvernement, pour des raisons humanitaires, à allouer d’urgence au ministère de la Santé toutes les sommes nécessaires destinées à couvrir les médicaments des maladies oncologiques. Afin de s’assurer du bien-fondé de son action, a-t-elle souligné, le gouvernement pourrait exiger, simultanément et en contrepartie d’une couverture totale de la part du ministère, une réorganisation de ses services, cette réforme pouvant être entreprise de l’intérieur de l’appareil. « Aucun régime d’austérité ne devrait se faire au détriment de la santé des malades. Mieux vaudrait dégraisser l’administration et mettre fin aux dépenses pharaoniques de l’État et aux rentes viagères non justifiées et laisser nos malades se soigner ! » devait conclure la présidente de l’ALDL.

De gauche à droite : Dr Joseph Kattan (président de la Société libanaise d'Oncologie médicale), Nicole Daccache, Dr Marie-Claude Hélou Saadé, Grl Amine Nassereddine, Sabah Fournier, Dr Georges Aftimos (président de l'Ordre des médecins).

 

     

 

 

 

 

 

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