Pour
une base de données, elle est vraiment… de base !
Tel est du moins le spectacle que donnent à voir certains
dépôts d’archives du Palais de justice. À
une époque où, grâce aux nouvelles technologies,
les fonctionnaires sollicités par les citoyens devraient
pouvoir avoir accès aux dossiers avec un simple «
clic de souris », il est hallucinant de constater que chez
nous les dossiers servent justement de garde-manger à des
souris plus traditionnelles.
Cette
situation, pour le moins déplorable, a poussé la
présidente de l’Association libanaise pour le développement
social (ALDL), Marie-Claude Hélou Saadé, à
tirer la sonnette d’alarme tout en brossant un tableau inquiétant
de l’état de délabrement dans lequel se trouvent
certains dépôts du Palais de justice de Beyrouth
: « Ces dépôts d’archives, supposés
être la mémoire juridique des plaideurs et des tribunaux,
sont dans un état lamentable : des dossiers éventrés
gisant à même le sol, des documents chiffonnés
et déchirés éparpillés ça et
là, des pièces justificatives et des décisions
officielles en partie mutilées, ensevelies sous des caisses
pourries de carton vides, servant à leur tour de socle
à d’épaisses couches de poussière et
à des nids d’insectes et de bactéries. Un
spectacle de désolation et une atmosphère irrespirable
rendant l’accès aux archives une entreprise rédhibitoire.
En somme, une situation alarmante loin d’être à
la hauteur de la digne et noble fonction de la justice. »
Par
une requête du 21 avril 2008 au ministre de la Justice,
Charles Risk, l’ALDL sollicite l’intervention urgente
du ministre dont elle apprécie « la compétence
et le sens des responsabilités », afin de mettre
fin, le plus vite, à cette situation inacceptable.
La
requête de l’ALDL fait suite à un recours effectué
par la présidente de l’association dans le courant
du mois de mars 2008 auprès de l’Inspection judiciaire
qui s’est aussitôt saisie de la question, a engagé
une procédure inquisitoire à ce sujet et porté
l’affaire devant le ministre de la Justice.