L’Association
libanaise pour le développement local (ALDL) ne compte
pas baisser les bras. Après la lutte qu’elle a
menée pour extraire la bombe larguée par l’aviation
israélienne en juillet-août 2006 lors du bombardement
du pont de Baabda et qui n’aurait pas explosé,
c’est vers l’hôpital gouvernemental de cette
région, menacé de fermeture, que l’ONG,
qui a vu le jour il y a quelques mois, concentre aujourd’hui
ses efforts. Suite à la conférence de presse qu’elle
a tenue la semaine dernière pour sensibiliser l’opinion
publique et les responsables sur la nécessité
d’octroyer une aide financière urgente à
cet hôpital, l’ALDL a organisé hier un sit-in
dans la cour de l’établissement public, auquel
ont participé notamment le député Pierre
Daccache, M. Hikmat Dib, le corps administratif et médical
de l’hôpital, ainsi que plusieurs habitants de la
région.
« Est-il admissible que le gouvernement 2007 ignore l’histoire
prestigieuse de cet hôpital, et le laisse dans la situation
de détresse et de privation dans laquelle il se trouve
? » s’est interrogée Mme Marie-Claude Hélou
Saadé, présidente de l’ALDL. S’adressant
au Premier ministre, Fouad Siniora, elle a affirmé que
l’hôpital gouvernemental de Baabda est une «
partie intégrante de l’histoire de la région
et de son patrimoine ». « Malgré les difficultés
dont il souffre, l’hôpital demeure profondément
incrusté dans la mémoire collective et les traditions
des habitants de la région qui lui témoignent
un attachement profond et considèrent qu’il est
indispensable à leur équilibre sanitaire »,
insiste Mme Hélou Saadé.
Le problème de l’hôpital de Baabda remonte
à 1997, date à laquelle les pourparlers en vue
de sa restauration ont été entamés, quelque
temps après la signature d’un protocole de santé
entre les gouvernements libanais et français. Dans le
cadre de ce protocole, l’hôpital gouvernemental
de Baabda, affilié en 1988 à la faculté
des sciences médicales de l’Université libanaise,
devait recevoir un lot de matériel d’une valeur
de cinq millions de dollars, à condition qu’il
soit rénové.
Mais ce n’est qu’en 2004 que les travaux de restauration
ont été entamés pour être interrompus
quelques mois plus tard, l’entrepreneur ayant déclaré
faillite. Une grande partie de l’hôpital avait déjà
été démolie, réduisant ainsi les
capacités de fonctionnement de l’hôpital
de 70 à 80 %. Et jusqu’à présent,
le CDR n’a pas confié le projet à un nouvel
entrepreneur. Entre-temps, l’hôpital, qui avait
bénéficié d’une réforme institutionnelle
en octobre 2000 le transformant en établissement public
indépendant, a connu jusqu’en 2004 une période
de prospérité financière et a démontré
ses capacités à s’autofinancer.
En effet, il a réussi entre 2000 et 2002 à éponger
ses pertes, et le nombre des patients qui le fréquentent
a considérablement augmenté. Aujourd’hui,
l’hôpital se trouve dans une situation financière
désespérée, d’autant que les pertes
s’accumulent depuis 2004. Plusieurs départements
ont en fait été fermés, le paiement des
salaires accuse un retard de plus de trois mois, les agents
de médicaments refusent de fournir l’hôpital,
le corps infirmier le déserte de plus en plus et «
le risque de fermeture totale de l’établissement
est imminent s’il n’est pas procédé
à son sauvetage de toute urgence ».
Pour
éloigner le spectre de la fermeture et pour que l’hôpital
continue à fournir l’assistance médicale
à près de 900 000 individus de la région,
la présidente de l’ALDL a appelé le gouvernement
à « rénover l’hôpital le plus
tôt possible ». « Le gouvernement doit assurer
les fonds nécessaires à la rénovation et
qui s’élèvent, selon les estimations du
Conseil du développement et de la reconstruction (CDR)
à quelque 4 millions de dollars, a souligné Mme
Hélou Saadé. Le gouvernement doit aussi assurer
l’aide financière nécessaire jusqu’à
la fin des travaux. Cela implique de couvrir dans une première
étape les pertes accumulées depuis 2004 et qui
s’élèvent à plus de 3,5 millions
de dollars. Dans une seconde étape, il conviendra de
couvrir les pertes jusqu’à l’achèvement
des travaux de rénovation. »