Vous souvenez-vous de cette histoire de missile non explosé,
déterré de sous un pont à Baabda, le 9 mars
dernier, après avoir terrorisé la population depuis
son largage par l’aviation israélienne durant la
guerre de juillet-août ? Les habitants de la région
doivent, entre autres, l’accélération du règlement
de cette affaire à une poignée de militants, qui
ne sont autres que les fondateurs de l’Association libanaise
pour le développement local (ALDL). Ceux-ci n’ont
eu de cesse d’obtenir que la bombe soit mise hors d’état
de nuire et que la réhabilitation du pont en question soit
placée sur les rails.
La
présidente de l’association, Marie-Claude Hélou-Saadé,
raconte que l’histoire a commencé par une pétition
des habitants, suivie de plusieurs réunions avec le président
de la municipalité, Antoine Khoury Hélou, puis par
des réunions avec le général Yehia Raad, président
du Haut Comité de secours. Soutenue par le député
Abdallah Farhat, l’association a poursuivi ses contacts jusqu’à
ce qu’une unité de génie de l’armée
déterre enfin la bombe.
Mais
ce n’est pas tout. L’association était déterminée
à convaincre les autorités de la nécessité
de réhabiliter au plus vite cette artère principale
de la région. Or le financement était déjà
assuré par la Banque mondiale (BM). Après des contacts
avec la municipalité, le Haut Comité de secours, la
BM et le Premier ministre, ce dernier a préféré
que les travaux soient confiés à la municipalité
plutôt qu’au HCS. Pour cela, la municipalité
devait obtenir l’autorisation du ministère des Travaux
publics, responsable, en principe, des routes principales.
La
municipalité a récemment confirmé à
l’ALDL que les deux démarches essentielles, qui sont
la restitution de l’ancien cahier des charges à la
BM et la décision d’accepter le don de l’organisation
d’une valeur approximative de 600 millions de livres libanaises,
ont été finalisées et que la procédure
engagée pour obtenir un accord pour le nouveau cahier des
charges a été engagée. « Nous considérons
que notre contribution dans l’extraction du missile est une
première réalisation importante, et voilà pourquoi
nous avons aimé l’évoquer », explique
Mme Saadé. Mais les préoccupations de la nouvelle
association ne s’arrêteront pas là pour autant.
« Nous l’avons fondée parce que nous avons constaté,
au cours de nos carrières, le blocage au niveau des institutions
de l’État et avons voulu essayer de faire bouger les
choses par l’initiative privée », poursuit-elle.
Mme
Saadé, qui est docteur en droit des affaires de l’Université
de Paris I, insiste sur l’un des atouts principaux de l’association
: ses membres, qui représentent une diversité d’expertises
entre médecins, ingénieurs, journalistes, juristes,
scientifiques… Elle-même a une large expérience
dans le secteur public. Ce qui en fait une ONG ayant le potentiel
d’être réellement polyvalente, ajoute-t-elle.
Le général Amine Nassereddine, docteur d’État
en génie mécanique et aéronautique, et ancien
membre du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS),
vice-président de l’ALDL, explique que les membres
« travaillent aujourd’hui comme bénévoles
dans le cadre d’une équipe soudée et sont très
enthousiastes pour s’attaquer à différents domaines
en relation avec le développement local ».
Les
membres de l’ALDL, qui ne dépend que de l’autofinancement
de ses adhérents, comptent s’attaquer à une
multitude de problèmes, mais préfèrent bien
examiner les besoins avant de se lancer dans des projets ou de les
annoncer au public. Ils n’ont aucune restriction d’ordre
régional et peuvent, assurent-ils, concevoir des projets
à dimension nationale. Il est possible de les contacter au
03/816144.
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